Compte rendu de l’atelier des collaborations Amateurs – Professionnels 2019 et de l’école de photométrie

Le 17 mai 2019, s’est tenu à Nice le 2ème atelier des collaborations amateurs – professionnels en astronomie. Sous l’égide de la SF2A (Société française de l’astronomie et de l’astrophysique) et de la SAF, cet atelier a réuni plus de 70 participants dont 25 amateurs, pour travailler à souder encore plus les liens qui les unissent autour de projets communs.

On pourrait se demander quelles contributions des astronomes amateurs pourraient bien apporter aux professionnels. Les professionnels disposent aujourd’hui de télescopes de diamètre de plus en plus important, situés ou bien dans l’espace, ou bien sur Terre et en altitude pour obtenir les conditions d’observation les meilleures possible. De plus, les techniques modernes comme l’optique adaptative ou l’interférométrie, améliorent considérablement la résolution des instruments professionnels, et ces techniques sont pratiquement hors de portée des amateurs.

Alors, que peuvent bien apporter à la science, des astronomes amateurs, avec leurs petits instruments situés au fond du jardin, dans un milieu plus ou moins bien adapté à l’observation ?

En fait, les complémentarités sont nombreuses, et les scientifiques sont demandeurs de la contribution des amateurs. En effet, les amateurs peuvent réaliser un suivi temporel des phénomènes, alors que les télescopes professionnels doivent partager les temps d’observation entre plusieurs programmes de recherche et peuvent ainsi laisser passer un transitoire intéressant. Autre avantage pour les amateurs : ils sont répartis sur le territoire et sont donc en capacité d’observer des phénomènes (les occultations par exemple) sous des angles différents.

Les amateurs peuvent donc fournir des informations importantes aux professionnels. Encore faut-il que les données apportées par les amateurs soient scientifiquement exploitables, elles doivent pour cela répondre à des critères de fiabilité et de précision.

Les programmes présentés lors de la session (avec une présentation en séance plénière, 17 posters et 8 exposés) illustrent la richesse de ces collaborations. Les sujets exposés pendant l’atelier feront l’objet d’articles détaillés dans la revue « Observations et Travaux ». Chaque astronome amateur, quels que soient son expérience et son équipement, peut trouver des programmes correspondant à son niveau. Il lui faudra, bien entendu, être motivé et faire preuve de rigueur pendant l’acquisition et la réduction des données.

L’atelier de Nice s’est également consacré à l’organisation des collaborations (voir la présentation de Thierry Midavaine) : comment faire connaître les besoins des professionnels et coordonner les moyens apportés par les amateurs ? Quelle formation donner aux amateurs ? Quel accompagnement leur apporter ? Quels outils collaboratifs adopter ? Un groupe de travail Pro-Am est constitué au sein de la SAF et son site web va intégrer un portail dédié à ses thèmes de collaborations afin de mieux répondre à ces enjeux. Un des objectifs est de permettre d’interfacer les professionnels proposant des sujets ou des requêtes d’observations avec les amateurs avec leurs observatoires.

L’atelier a été suivi pendant le week-end par une école de photométrie, hébergée sur le site de l’observatoire de la Côte d’Azur. La photométrie consiste à mesurer le flux lumineux issu d’un astre à l’aide d’un capteur CCD par exemple, ce qui permet de suivre les variations du flux dans le temps. Cette technique est largement utilisée pour suivre les étoiles variables. L’école a permis d’aborder des sujets théoriques : la maîtrise des incertitudes de mesure, l’optimisation de l’ouverture des zones de mesure, la prise en compte des effets dus à l’atmosphère. Deux cas pratiques ont ensuite été développés en atelier : la rotation des astéroïdes (voir l’Astronomie n° 127 de mai 2019) et la détection d’exoplanètes par la méthode des transits. Les ateliers ont permis de se familiariser avec les logiciels dédiés à ces observations, PRISM et Muniwin, ainsi qu’avec les scripts particuliers développés par des amateurs. Une séance a également été consacrée à l’utilisation des bases de données mises à disposition par le Centre de données astronomiques de Strasbourg et par l’Institut de mécanique céleste de l’Observatoire de Paris.

Les intervenants étaient : Benoit Carry de l’observatoire de la Côte d’Azur, Raoul Behrend de l’observatoire de Genève et les amateurs référents : Marc Deldem, Stéphane Fauvaud, Christophe Gillier et Romain Montaigut.

Une prochaine session de l’Ecole de photométrie est à l’étude pour l’an prochain.

Compte rendu fait par Patrick Wullaert